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On voit souvent l’étui terminé, avec son bois, sa résine et sa finition brillante. Mais avant d’en arriver là, il y a un nombre assez impressionnant d’étapes. Aujourd’hui, j’ai travaillé sur plusieurs étuis en parallèle et j’en ai profité pour photographier une bonne partie du processus.
Tout commence par le choix du bois
La première étape est évidemment le choix des pièces de bois. Je pars de mon stock, avec des essences, des couleurs et des veinages très différents. Il faut déjà essayer d’imaginer ce que donnera la pièce une fois coupée, associée à une résine et finalement mise en forme.

Vient ensuite un premier gros travail de débit et de préparation. Les morceaux sont coupés en fonction du projet, puis les parties destinées à recevoir de la résine sont préparées avant le coulage de l’époxy. À ce stade, les pièces sont encore très loin de leur aspect final.
Après environ 72 heures : démoulage et associations
Après le coulage, il faut être patient. J’attends environ 72 heures avant de démouler. C’est seulement à ce moment-là que l’on découvre réellement le résultat du mariage entre le bois et la résine.

Il faut ensuite décider quelles pièces vont ensemble. Le couvercle et le fond doivent s’accorder : couleur du bois, veinage, répartition de la résine et aspect général. Même lorsque plusieurs pièces proviennent du même bois et du même coulage, aucune combinaison n’est vraiment identique à une autre.

Créer les premières références
La prochaine opération consiste à couper au moins un côté bien droit. Selon les pièces, je profite déjà de cette étape pour couper également un côté adjacent à angle droit. Cela facilite le travail qui suit.


Toutes les pièces passent ensuite sur la dégauchisseuse. L’objectif est d’obtenir une première face parfaitement plane, puis une face adjacente exactement à 90°. Ces deux surfaces deviennent les références pour toutes les opérations suivantes. Une petite erreur à ce stade se retrouverait plus tard dans l’étui terminé.


Découper avec une petite surcote
Les pièces peuvent maintenant être amenées presque à leurs dimensions définitives. Je dis bien « presque » : je conserve volontairement une petite surcote de quelques millimètres. La finition des dimensions extérieures sera réalisée à la table de fraisage. Comme je ne veux pas enlever plus de 2 à 3 mm à la fraise, cette découpe doit déjà être assez précise.

Un gabarit en MDF pour obtenir exactement la même forme
Pour la suite, je fabrique un gabarit en MDF aux dimensions exactes de l’étui. C’est lui qui déterminera la forme extérieure définitive et permettra surtout de reproduire la même géométrie sur le fond et le couvercle.

Le gabarit est ensuite fixé sur la pièce avec du ruban adhésif double face. Il faut qu’il soit parfaitement immobilisé : il va servir directement de guide pendant le fraisage.

Le passage à la table de fraisage
À la table de fraisage, la fraise suit le contour du gabarit et reporte sa forme sur le bois et la résine. C’est ici que disparaissent les derniers 2 à 3 mm laissés volontairement lors de la découpe. On obtient alors les dimensions extérieures exactes.

Cette opération demande énormément d’attention. Le travail à la toupie ou à la table de fraisage peut être très dangereux : la fraise tourne à grande vitesse et les mains travaillent nécessairement à proximité de l’outil. Il faut donc rester hyper concentré, ne jamais se précipiter et garder une position de travail sûre. La moindre distraction peut avoir des conséquences sérieuses.
Et aujourd’hui, la concentration était d’autant plus nécessaire qu’il faisait près de 27 °C dans l’atelier. Pas exactement la température idéale lorsqu’on enchaîne les opérations de débit, dégauchissage et fraisage…
Arrondir les coins
Une fois le contour copié, il reste encore à arrondir proprement les coins. À ce stade, les deux parties de l’étui ont enfin leur forme extérieure définitive.


Et c’est assez pour aujourd’hui. La prochaine étape sera le fraisage des poches intérieures qui recevront les anches. Ce sera pour demain.
Quand on regarde un étui terminé, toutes ces opérations intermédiaires disparaissent. Pourtant, une bonne partie du résultat final se joue précisément ici : prendre le temps de préparer des références propres, travailler avec une petite surcote, fabriquer un gabarit précis et avancer étape par étape.
