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À première vue, on croirait voir du relief. Pourtant, la surface est parfaitement plane : ce sont les contrastes entre les bois et l’agencement des pièces qui créent cette illusion de profondeur.
Pour cette nouvelle planche, j’ai associé quatre essences : l’érable, le padouk, le chêne et le noyer. Leurs teintes naturelles composent un motif géométrique dont l’effet 3D apparaît progressivement au fil des assemblages.

Quatre essences, plusieurs étapes
Tout commence par un noyau en érable, auquel viennent s’ajouter une lame de chêne et une lame de padouk. Ces éléments sont ensuite associés au noyer. Il faut préparer les pièces, les coller, les mettre exactement à dimension, puis recommencer avec les assemblages suivants.



L’alignement fait toute la différence
La difficulté principale se cache dans les détails : les sections doivent être parfaitement carrées, les coupes régulières et les pièces correctement orientées. Au dernier collage, chaque ligne doit rejoindre la suivante avec précision. Un décalage suffit à rompre la continuité du dessin et à compromettre l’effet 3D.
Il faut donc travailler méticuleusement dès le départ. On ne peut pas compter sur un gros rattrapage après coup : enlever trop de matière sur les sections modifierait les proportions des carrés et déséquilibrerait le motif.
Après la création du panneau, celui-ci est découpé transversalement. Les bandes sont basculées pour présenter le bois de bout en surface, puis décalées d’un carré avant un nouveau collage. C’est à cette étape que le dessin prend toute sa dimension.



Les petits imprévus de l’atelier
Les photos montrent aussi les petites réalités de l’atelier : des serre-joints à apprivoiser, des bouts de bois et des élastiques pour maintenir leurs éléments hors du chemin… et même une mouche qui a choisi le mauvais endroit pour prendre un bain !



La valeur du bois et du travail
Une telle planche demande aussi nettement plus de bois que ce que l’on retrouve dans l’objet terminé. Les traits de scie, les mises à dimension et la suppression des extrémités décalées emportent une partie de la matière. Avec des essences comme le noyer et le padouk, chaque découpe mérite d’être réfléchie.
Derrière le motif, il y a donc une quantité importante de bois sélectionné, plusieurs collages successifs et un travail patient de contrôle et d’ajustement. C’est cette combinaison de matière et de temps qui fait la valeur d’une réalisation de ce type.
Un bord qui allège la silhouette
Pour terminer, j’ai réalisé une coupe en biais sous les quatre côtés, appelée « Schweizer Kante ». Elle allège visuellement le bord tout en conservant l’épaisseur de la planche. Le motif repose sur une trame de 12 × 10 carrés de 32 mm, soit environ 38 × 32 cm, pour une épaisseur proche de 4 cm.


Un projet exigeant, mais quel plaisir de voir l’illusion apparaître au dernier assemblage !
