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Trois continents réunis dans une seule planche.
Il y a des projets dont on est content une fois terminés. Et puis il y a ceux pour lesquels on prend un peu plus de recul, on regarde le résultat et on se dit : celle-là, elle est vraiment réussie !
Cette nouvelle planche à découper fait clairement partie de la deuxième catégorie. À mes yeux, c’est même l’une des plus belles planches que j’aie réalisées jusqu’à présent.
Trois essences, trois continents
Tout commence avec trois essences de bois, chacune avec son caractère et son histoire.
Le zébrano vient d’Afrique. Avec ses bandes sombres et claires très marquées, c’est un bois spectaculaire, qui attire immédiatement le regard.
L’érable dur, ou Hard Maple, vient du Canada, en Amérique du Nord. Sa couleur claire apporte de la luminosité et un contraste particulièrement intéressant avec le zébrano.
Enfin, le noyer vient d’Athus, en Belgique, donc d’Europe. Ses tons bruns apportent de la chaleur et font le lien entre les deux autres essences.
Trois essences, trois continents, trois caractères bien différents qui se retrouvent finalement réunis dans une seule planche, fabriquée dans mon atelier au Luxembourg.

Du dessin à la réalisation
Comme pour mes autres planches à motifs géométriques, je ne me lance pas directement dans la découpe.
Il faut d’abord réfléchir au dessin, aux proportions et à la manière dont les différentes essences vont s’assembler. Le plan imprimé permet de visualiser le résultat recherché et sert de référence pendant la fabrication.

Ensuite vient le travail du bois : préparation des pièces, découpe, assemblage, collage, puis nouvelles découpes et nouveaux collages.
Chaque opération demande de la précision. Sur ce type de planche, les petits défauts d’alignement se voient rapidement. Et lorsqu’on travaille avec des bois aussi contrastés, ils ne passent certainement pas inaperçus !
Il faut également accepter qu’une partie importante du bois de départ finisse en copeaux et en sciure. C’est le prix à payer pour obtenir un motif régulier et une planche parfaitement assemblée.
Et voici le résultat !

Je trouve que l’association des trois essences fonctionne particulièrement bien. Le zébrano donne du caractère, l’érable apporte de la clarté et le noyer équilibre l’ensemble.
Le résultat est une planche à découper qui est évidemment destinée à être utilisée, mais qui mérite aussi d’être regardée.
Et je dois avouer que je suis particulièrement fier de celle-ci.
Une pièce rare, peut-être même unique
Le zébrano est un bois particulier, tant par son apparence que par son travail. Je n’envisage certainement pas de lancer une production de masse avec cette essence.

Cette planche restera donc une réalisation rare, peut-être même unique.
C’est aussi ce qui me plaît dans le travail artisanal : ne pas devoir reproduire indéfiniment le même objet, mais pouvoir essayer de nouvelles associations, expérimenter et, parfois, obtenir un résultat qui dépasse mes propres attentes.
Et la suite ?
Comme certains le savent déjà, je suis actuellement en train de préparer la prochaine étape des Bois de Pascal.
Les démarches pour ouvrir ma petite boutique sont en cours, avec un démarrage envisagé au début de l’année prochaine. On verra où cette aventure nous mènera !
Une question reste évidemment ouverte : les gens seront-ils prêts à payer le juste prix pour des planches artisanales de qualité ?
Car une planche comme celle-ci représente bien davantage que trois morceaux de bois collés ensemble. Il y a la matière première, le dessin, les nombreuses opérations d’usinage, les collages, le ponçage, la finition et surtout le temps consacré à chaque détail.
Mon objectif n’est pas de fabriquer des objets jetables. Au contraire, je souhaite réaliser des pièces qui pourront accompagner leurs propriétaires pendant des décennies.
Une planche faite pour durer
Avec un minimum d’entretien, une planche en bois massif de cette qualité peut durer très longtemps. Je pense qu’une durée de vie de 20 ans, voire bien davantage, est tout à fait envisageable.
Il faudra simplement respecter quelques règles élémentaires : ne jamais la mettre au lave-vaisselle, éviter de la laisser tremper dans l’eau et, de temps en temps, nourrir le bois avec une huile adaptée.
D’ailleurs, je prévois de joindre un petit flacon d’huile d’entretien à chaque planche vendue, afin que son futur propriétaire puisse facilement en prendre soin.
Et même si, après de nombreuses années, la surface présente des traces d’usure importantes, cela ne signifie pas nécessairement la fin de la planche.
Dans bien des cas, il sera possible de la reprendre à l’atelier : enlever une fine couche de matière, remettre la surface à niveau, poncer et appliquer une nouvelle finition.
Elle pourra alors repartir pour de nombreuses années de service.
C’est aussi cela, pour moi, la qualité : fabriquer quelque chose qui ne doit pas être remplacé au bout de quelques années, mais qui mérite d’être entretenu, et éventuellement réparé.
Et si cette planche traverse les décennies, les trois continents qui la composent auront finalement fait un beau voyage ensemble !
