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Ce n’est pas la taille qui compte… mais cette fois, difficile de ne pas en parler : 40 × 44 cm, 5 cm d’épaisseur et 5,75 kg sur la balance. Ce n’est certainement pas ma plus belle planche, mais c’est la plus massive que j’aie réalisée jusqu’ici !
Son histoire commence bien avant les premiers collages. En novembre 2023, j’ai abattu un charme dans notre bois. Une partie du tronc a ensuite été débitée en tranches de 7 à 8 cm d’épaisseur. À ce stade, on est encore loin de la planche à découper : il y a l’écorce, les formes irrégulières du tronc et les traces de la coupe.


Puis vient une étape moins spectaculaire, mais qui fait pleinement partie du travail : l’attente. Le bois a séché pendant deux ans sous mon préau. Avant même de commencer à fabriquer un objet, il faut parfois lui laisser beaucoup de temps.

Pour cette planche XXL, il m’a fallu six de ces tranches. Les voir empilées dans l’atelier permet de mesurer le chemin à parcourir : entre le bois brut et une surface bien régulière, il reste encore pas mal de travail.

Les tranches ont été découpées en éléments réguliers, puis préparées pour l’assemblage. On abandonne progressivement la forme du tronc pour construire celle de la future planche. Les différentes pièces conservent pourtant chacune leur dessin, leurs nuances et leurs cernes.
Viennent ensuite les collages, en plusieurs étapes. Les éléments sont assemblés, encollés et serrés. La planche prend forme au fil de ces opérations, jusqu’au dernier assemblage sous les serre-joints.



C’est une réalisation en bois de bout : sur la surface, on voit le bois en coupe transversale, avec ses cernes qui composent une mosaïque naturelle. Une seule essence, le charme, mais des dessins très différents d’un morceau à l’autre.
Après les collages vient le travail de la surface et des bords, jusqu’au résultat fini. Les tranches brutes de 7 à 8 cm ont laissé place à une planche de 5 cm d’épaisseur. Et même une fois terminée, elle ne se fait pas oublier lorsqu’il faut la soulever !

Avec un tel gabarit, on l’imagine bien sur le billot d’un boucher, prête à accueillir quelques côtelettes…
Ce que j’aime surtout dans cette réalisation, c’est d’en connaître toute l’histoire. L’arbre dans notre bois, l’abattage, les tranches mises à sécher, la découpe, les collages et enfin la planche terminée : j’ai pu suivre et réaliser chaque étape. Aujourd’hui, je retrouve un peu de cet arbre dans chaque morceau de la planche.
