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Le prototype noir et or m’avait laissé un problème à résoudre avant de pouvoir poursuivre la finition. On m’avait demandé un étui noir, mais le bois restait nettement trop brun. Même l’ébène, pourtant réputé pour sa couleur très sombre, présentait encore des nuances brunes trop visibles pour obtenir le contraste recherché.
J’ai donc décidé de tenter une nouvelle expérience : teindre le bois en noir. À ce stade, je n’avais aucune garantie quant au résultat. Il fallait vérifier si la teinte serait suffisamment profonde, régulière et compatible avec les étapes de polissage et de finition qui allaient suivre.
Obtenir une teinte vraiment noire
La teinte doit être appliquée avec soin, y compris dans les angles et les zones difficiles d’accès.

Pour atteindre les coins sans laisser de partie plus claire, j’applique la teinte à l’aide d’un coton-tige.

Cette étape confirme le point de départ de l’expérience : même l’ébène est naturellement assez brun. Comme l’objectif est d’obtenir un étui noir, j’essaie donc de renforcer sa couleur avec une teinte. C’est une première pour moi et, à ce moment-là, le résultat final reste encore incertain.
Le polissage de l’intérieur
Avant de poursuivre la finition extérieure, l’intérieur de l’étui doit être poli. Cette partie est difficilement accessible avec une machine conventionnelle.

J’utilise donc un Dremel équipé d’une petite mousse, avec un produit de polissage. Cette opération est assez fastidieuse et le résultat n’est pas tout à fait comparable à celui obtenu avec une grande polisseuse. C’est néanmoins le seul moyen d’atteindre correctement l’intérieur de la boîte et ses parties les plus étroites.
Quatre passages de polissage
Une fois le bois teint, je peux commencer le polissage de l’extérieur de l’étui.

Pour cette opération, j’utilise une grande polisseuse. Je dispose de quatre éponges différentes et de quatre produits de polissage, chacun correspondant à une étape particulière. L’étui va donc passer quatre fois sur la machine, avec un produit progressivement plus fin à chaque passage.

Après le premier passage, la surface commence à changer, même si la différence reste encore assez discrète. La teinte se régularise et le bois acquiert progressivement un aspect plus profond.

Après le deuxième polissage, l’évolution devient plus visible. La surface commence réellement à prendre de l’éclat. Le produit de polissage, lui, a aussi commencé à se retrouver un peu partout dans la zone de travail…

Le troisième passage affine encore la surface et prépare l’étui pour le polissage final.

Le quatrième et dernier passage permet d’obtenir l’aspect final recherché. La surface est maintenant plus régulière et plus brillante, tandis que la teinte noire accentue le contraste avec les éléments dorés.
La finition à l’huile de lin
Après le polissage vient la dernière étape de la finition.

L’étui est traité avec de l’huile de lin. Celle-ci nourrit le bois, fait ressortir sa profondeur et contribue à protéger durablement sa surface.

Il faut ensuite laisser l’étui sécher. L’huile de lin ne se contente pas de sécher à la surface : elle pénètre dans le bois et durcit progressivement par oxydation. Elle forme ainsi une protection résistante contre les taches et certaines altérations du bois.
Elle ne protège toutefois pas contre les rayons ultraviolets. Un bois traité uniquement à l’huile de lin et exposé durablement au soleil peut donc finir par griser.
Une expérience à poursuivre

La teinte noire n’est peut-être pas une solution parfaite, mais le résultat est nettement plus proche de l’effet recherché. J’ai donc décidé de traiter également les autres pièces préparées et de réaliser quelques étuis supplémentaires dans le même esprit.


Voici le résultat final du premier étui destiné aux anches de basson. Après la préparation du bois, le fraisage des logements, la teinture, quatre passages de polissage et la finition à l’huile de lin, l’étui est enfin terminé.
Cette première réalisation m’aura également permis de tester une nouvelle méthode de finition. Comme souvent dans le travail artisanal, chaque prototype est à la fois un objet fini et une occasion d’apprendre, d’ajuster les techniques et de préparer les réalisations suivantes.
