- 0
- 481 words
Après plusieurs jours de travail, le suspense est enfin terminé : la planche à découper est sortie des serre-joints, poncée et huilée… et le motif que j’espérais obtenir est bien là.
Quand j’ai commencé ce projet, je savais que j’avais choisi une planche nettement plus compliquée que celles que j’avais réalisées auparavant. Je n’avais cependant pas vraiment mesuré le nombre d’étapes nécessaires pour arriver au résultat final.
Tout est parti de trois essences : noyer, cerisier et érable dur (Hard Maple). Les différentes épaisseurs ont été calculées et assemblées de manière à faire apparaître progressivement le dessin.
Et surtout, il a fallu coller. Beaucoup coller.
Au total, cette planche aura nécessité quatre encollages successifs, avec à chaque fois le temps de séchage nécessaire avant de pouvoir poursuivre le travail.
Entre ces encollages : préparation du bois brut, dégauchissage, rabotage, mise à dimension, découpe, nouveaux assemblages… puis de nouveau découpe et encollage.
Après le deuxième encollage, j’avais obtenu des blocs de 75 × 75 × 360 mm. Chacun a ensuite été coupé quatre fois à 45° pour obtenir les éléments en forme de losange nécessaires au motif.
C’est aussi à cette étape que l’on réalise la quantité impressionnante de bois nécessaire pour fabriquer une telle planche. Pour obtenir la géométrie recherchée, une part importante du bois finit inévitablement en chutes et en sciure. À cela s’ajoutent les pertes du dégauchissage, du rabotage, des nombreuses mises à dimension et du ponçage final.
Après le troisième encollage, le panneau obtenu a encore été découpé en huit tranches de 45 mm. Basculées de 90° et positionnées dans le bon ordre, ces tranches ont enfin commencé à révéler le dessin recherché.
Elles ont alors été réunies lors du quatrième et dernier encollage.
C’est seulement après cette dernière étape que j’ai réellement pu constater si les calculs, les nombreuses découpes et les assemblages des jours précédents avaient fonctionné.
Et le motif était bien là.
Il restait encore à mettre le bloc à niveau, à effectuer le long travail de ponçage et enfin à appliquer la finition.

Le résultat est une planche en bois de bout, associant noyer, cerisier et érable dur, d’environ 46 × 35 × 4,5 cm. Avec plus de 4,5 kg, c’est une pièce particulièrement massive.


Cette planche aura demandé énormément plus de temps et de bois qu’une planche classique. Mais ce premier exemplaire m’a aussi permis de documenter précisément les différentes étapes de fabrication. Je dispose maintenant d’une méthode que je pourrai reproduire et adapter, notamment avec d’autres essences et d’autres associations de couleurs.
La prochaine devrait donc comporter un peu moins de suspense.
Enfin… en principe.
